Qu’elle soit brute, naturelle ou manufacturée par mes soins, la matière est une des premières sources d’inspiration dans l’élaboration des motifs des papiers peints Lou Bel Œil.

Je la façonne, puis je la mets en scène comme une sculpture, à l’aide de lumière chaude, froide, zénithale ou tangentielle. Elle devient le personnage principal de la composition pour être enfin photographiée sous toutes les coutures.

Cet intérêt pour la matière est né grâce à mes quinze années d’expériences professionnelles dans la restauration d’œuvres picturales. 

Un tableau peut subir de multiples altérations qui vont dégrader la matière picturale. Des accidents plus ou moins violents peuvent provoquer des altérations plus ou moins graves. Cela va de simples craquelures à la perte  totale de matière picturale. Cette dégradation ultime laisse alors apparaître le support.

Le travail du restaurateur sera alors de combler en épaisseur ces lacunes puis de recréer la texture, les aspérités de surface en accord avec la matière originale environnante. 

Les mouvements des pinceaux laissent des traces à la surface de la matière. Les couteaux à peindre façonnent en profondeur les reliefs de la peinture.

En respectant la déontologie de son métier, le restaurateur va reproduire les rythmes, les effleurements que laissent les outils à la surface de la couche picturale. La première étape dans la restitution de la lisibilité de l’œuvre est ainsi effectuée.

Les lacunes et les soulèvements de matière picturale laissent apparaître la toile.

A l’aide d’outils et de mastic, le restaurateur comble les lacunes de matière et crée des textures de surface identiques à la matière originale.

Aujourd’hui, c’est la même démarche qui m’anime, mais à une autre échelle.
Mon regard a été façonné par mon travail de restauratrice, me permettant d’analyser les matières picturales anciennes, comprendre comment elles ont été travaillées, assemblées pour créer une œuvre d’art  et traverser les âges.

La matière est composée de courbes, de textures ou à l’inverse de figures fractales qui, une fois assemblées en motifs sur les papiers peints, animent l’atmosphère, la rendent unique. J’aime perdre le sens du végétal, de l’animal ou du minéral pour créer un décor où chacun pourra imaginer, rêver selon ses propres perceptions. De la chambre au salon, les papiers peints Lou Bel Œil font parler avec style votre sensibilité.

La matière brute.

Dans la création des quatre premières collections de Lou Bel Œil, il n’est pas matière sans lumière ! 

La première est le sujet qui inspire et la deuxième révèle la première. La lumière donne naissance à la matière. Si l’on modifie la source lumineuse, la perception du sujet principal sera en tout point différent. On modifie son caractère, son intensité, sa personnalité… Le sujet est inépuisable. Il m’est arrivé de photographier plus de cinquante fois une même composition sans avoir le sentiment d’en avoir fait le tour. Se pose ensuite le problème du choix ! 

La photographie est un moyen de mettre de à distance la matière. A l’aide de ce filtre numérique, je joue avec les perspectives. J’utilise le « flou » pour donner de la profondeur aux motifs, parfois pour donner le sentiment de « passer à travers ». 

Prendre du recul, grâce à la photo, permet d’avoir un regard plus artistique et poétique sur les créations. Au terme de leur élaboration, les papiers peints se remplissent de caractère, de force, de chaleur et surtout de douceur et d’optimisme.

La matière enveloppée de lumière.

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