La création et l’utilisation des couleurs dans les quatre collections de Lou Bel Oeil font références aux différentes techniques de restauration de tableaux ainsi qu’aux techniques des maîtres anciens.

Aux XVIe et XVIIe siècles les artistes peignaient sur des préparations colorées. On trouve surtout des teintes rouges, « le rouge de la framboise écrasée » ou encore « le rouge brique » si cher au coeur du sud-ouest. On trouve également des teintes ocre jaune et orangées. Certains artistes, comme Le Caravage, pouvait travailler sur des préparations très sombres.

Les maîtres du quattrocento (primitifs italiens) utilisaient un fond coloré ou imprematura verdâtre ou verdaccio permettant un traitement subtil et réaliste des carnations. Le musée du Petit Palais en Avignon expose quelques chefs d’oeuvre de cette époque.

Atelier de Botticelli, Vierge à l’enfant avec le jeune Saint Jean-Baptiste (vers 1505-1510), tempera et huile sur toile – Commune de Champigny-en-Beauce, église Saint Félix. Exposition Botticelli, artiste et designer, 2021/2022, musée Jacquemart-André, Paris.

D’un point de vue technique, les préparations colorées, plus ou moins épaisses, isolaient le support-toile des futures superpositions de peinture à l’huile. D’un point de vue esthétique, cette technique permettait de « réchauffer » les couleurs. L’artiste peut travailler en transparence ou glacis sur ces fonds colorés pour obtenir des modelés plus doux, de délicates nuances, de la subtilité dans les dégradés.

Pour rendre la lisibilité à un tableau très altéré, sa restauration doit recréer de la couleur lorsqu’elle n’existe plus. Selon le support et l’époque du tableau, la technique utilisée varie, une d’entre elle est le pointillisme. Elle permet à la restauration de s’intégrer parfaitement à l’oeuvre si on la contemple de loin et de la distinguer si on regarde de plus près. Cette méthode se définit par « la division des couleurs en points individuels, inter-réagissant sous un effet d’optique ». Paul Signac et Georges Seurat en sont les maîtres incontestés.

Georges Seurat, Le Chahut (1889-1890), huile sur toile – Musée Kröller-Müller d’Otterlo. Exposition Signac collectionneur, 2021/2022, Musée d’Orsay, Paris.

Les quatre collections de Lou Bel Oeil, ont été conçues en ligne directe de cette expérience de restauration d’oeuvres picturales.

Nombre de motifs sont créés sur un fond noir. Les touches d’aquarelles se superposent ou se côtoient. La densité des pigments joue plus ou moins la transparence. Une autre atmosphère émerge alors, plus théâtrale peut-être ou plus mystérieuse lorsque deux touches colorées se superposent et créent une troisième couleur ou bien lorsque un léger voile de couleur laisse à peine deviner ce qui se cache derrière.

Plusieurs autres modèles ont été inspirés par le pointillisme. Si on regarde de près, on distingue les points de la composition. Vue de loin l’esthétique des formes parle. Selon la taille et l’espacement des points, les couleurs vibrent comme les cordes d’un violoncelle, créant une intensité émotionnelle.

Les délicates nuances colorées et les teintes éclatantes font l’objet de recherches incessantes pour créer une harmonie entre les motifs et vos intérieurs. Cette atmosphère prend sa source dans les oeuvres d’art du passé puis enveloppe les murs contemporains, orne le quotidien d’énergies positives. La singularité hors tendances de Lou Bel Oeil s’impose comme un univers raffiné au tempérament audacieux.

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